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Danses urbaines pour aujourd’hui et pour demain

Un spectacle qui claque :
Alain Damasio et (La)Horde ballet national de Marseille

Au Théâtre de la Ville jusqu’au 12 septembre (Durée : 1h15)

La force de la jeunesse

La troupe de 13 danseureuses frappe par la vitalité de sa jeunesse.
C’est à un bain de jouvence que le public est convié dans ce spectacle.
Car c’est le propre du jeune âge de questionner et d’agir, ensuite, le sang se calme avec les années.
Si le temps est fortement présent dans cette proposition intitulée « Après moi, le déluge », il est abordé d’une façon originale dès le début car on commence par la fin : un salut montré par derrière avec une vidéo du public du théâtre de la Ville sur le fond de scène.

Les danseureuses saluent, se retirent devant nous pour se congratuler, repassent de dos pour un rappel.
Puis ils dansent la pièce qu’iels viennent de donner, à rebours donc. L’impression est celle d’un temps qui donne le vertige, comme si passé, présent et futur se chevauchaient pour constituer un seul et unique moment.
Ce moment unique, c’est celui de la force de la jeunesse : elle vit toujours au présent, son futur est toujours là où elle se trouve.

Dislocation avant renouveau

Le ballet se disloque petit à petit, danse et musique déraillent, on entre dans une phase plus sombre du spectacle.
Les lumières s’éteignent, un trou se forme sous les pieds, la scène se fend, avalant la jeunesse qui dansait.
Les corps maintenant souterrains utilisent des tablettes pour se filmer eux-mêmes avec de grands sourires forcés, ils s’attrapent, s’empoignent dans une masse violente et informe mais avec de grands sourires forcés.
On vient de basculer dans un étrange Radeau de la Méduse qui n’est pas sans évoquer les réseaux sociaux où on se donne en pâture à autrui ou le dévore avec haine et, parfois, faux sourire.
Quelque chose s’est effondré comme dans notre société.
La question du réel et du virtuel est posée.

Photo : gael.le Astier-Perret

Les masques tombent

Le sol se soulève dans un impressionnant mouvement de plateau, dessous, les monstres sévissent, grimés de masques en latex ils s’attaquent à un jeune corps, le processus de purge peut alors commencer : il faut toucher le fond pour remonter à la surface.
Le monde et sa violence sont à expurger, il faut maintenant « démonstrer », comme l’explique l’écrivain Alain Damasio.

« Quels monstres veux-tu, pouvons-nous encore arracher à nos ventres ? », nous demande-t-il.

L’auteur de la célèbre Horde du Contrevent a en effet accompagné la création de ce spectacle, ce qui remonte des bas-fonds va être transformé, l’eau lavera les scories de violence et il y aura une renaissance.

« Il n’y aura aucun Noé pour nous sauver. Juste nous, tous ensemble, comme des gouttes de pluie, en averse inversée. »

Un spectacle de danse très narratif, aux symboliques mythologiques accessibles à toustes.

Une mention spéciale pour la vitalité des 13 danseureuses.

By Anne Vassiviére

Au Théâtre de la Ville jusqu’au 12 septembre (Durée : 1h15)

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