Portraits et Interviews

France Inter – Nuit Blanche avec Pascale Clark et Vincent Lindon

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La radio éphémère

Vincent Lindon a ses petites habitudes à la Maison de la Radio. Son assiduité a fini par faire germer dans l’esprit potache des animateurs vedettes du petit matin, l’idée d’une émission originale. Déconnectée de toute actualité promotionnelle, elle serait un moment de radio comme on n’en fait plus, à la bonne franquette. Un peu comme la « radio odeur » de Coluche aux débuts de la bande FM, durant la proto-histoire d’internet et du podcast, cette véritable mémoire immédiate, inventée pour vivre le Direct en différé.

Pari tenu. Il a suffit que le Directeur de la Radio, Philippe Val dise : “Banco, je vous laisse les clés” pour que la Nuit Blanche voit le jour, sous le pilotage à vue de Pascale Clark.
Nous voici donc, ce jeudi 21 février 2013, non-pas assis au 7ème étage de France Inter, mais juchés au Vintage étage de la Tour Émettrice, pour une émission marathon de 5 heures nocturnes, enregistrée et diffusée dans le même présent. Les Road Runners filant l’asphalte dans leurs nuits solitaires, les insomniaques, les noctambules, et tous les trucs en bulles, sont convoqués Hic et Nunc et pas après, pour savourer cette éphémère Nuit Blanche, ce repas radiophonique servi chaud, et à consommer sur place.

«ON AIR» ! , ce soir, la radio FM est FM AIR !

Les coulisses de la Nuit Blanche

La PariZienne a le privilège d’être parmi les témoins conviés à cette Nuit Blanche rare, en toute discrétion. Aux côtés des journalistes Alexandre Comte, qui note scrupuleusement les faits afin d’en rendre compte (justement) aux InRocks, et Aude Dassonville qui prend la température pour Télérama, des attachés de presse comme l’incontournable Yazid Manou, des réalisateurs, des agents d’artistes, des acteurs de la nuit et du spectacle.

La pièce doit se jouer en 5 actes, une virgule de Frédéric Pommier, toujours redoutable, est prévue toutes les heures, avant les news.
Dans le studio, se succèdent des artistes et amis de l’artiste. Vincent Lindon et Pascale Clark accueillent en particulier Christophe pour des lives au synthé beau comme du Bashung, des « surprises » en chair ou en téléphone, comme Mathieu Chedid depuis le Canada, Jacques Dutronc depuis la Corse qui préviendra : “Il est 5 heures, Paris s’éveille”. Gilles Lellouche, Hyppolite Girardot, Lea Seydoux et Jérémie Elkaïm, accompagné par Eric Dufaure l’oncle de Vincent Lindon au piano, en direct dans l’poste !

Les braises sur le sable étant presqu’éteintes à l’approche de la fin de l’émission, même Pascale Clark donnera de la voix dans la reprise collective de  “Stand by Me” ou de « l’encre de tes yeux » à la guitare et à capela !
Au petit matin, cette émission était pour celles et ceux qui l’ont vécue, comme pour les auditeurs, une communion radiophonique à l’ancienne, digne des âges de la TSF, un message sans filet, un vrai direct vrai de vrai, unique, comme une comète centenaire sous les étoiles exactement.
Sauf que…

L’amer-Tune

Un sixième acte est venu épiloguer cette pièce radiophonique, largement annoncée, en la vidant un peu de son sens. Un peu comme un refus de la laisser mourir, la loi contemporaine veut que tout Direct peut se différer par le podcast. Ainsi l’émission éphémère a eu un effet amer pour ceux qui l’ont suivie en direct, croyant assister à une pièce unique, comme une pièce d’un spectacle visible une seule fois, et un effet merveilleux sur celles et ceux qui pleuraient de ne pas l’avoir saluée de leurs ouïes, et qui finalement peuvent s’en caresser les pavillons en la podcastant.
C’était tout de même une expérience unique. A l’heure du podcast, l’émission a bien été enregistrée comme s’il n’existait pas, en toute sincérité.
A la télévision, il n’y a plus guère que les JT qui sont en direct ; les émissions de grande écoute sont enregistrées en semaine, et les téléspectateurs aiment à croire qu’on leur parle en direct. On est plus exigeant avec la radio : on exige d’elle qu’elle soit à la fois synchrone avec ses auditeurs, en direct, et désynchronisée comme la télé, un peu comme un bon repas, mais qu’on peut aussi manger plus tard.
C’est plus comme dans l’temps…

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Dédicace de la PariZienne à Vincent Lindon : “ce que j’aurai envie d’entendre, à 1 heure du matin, en roulant, avec les pointillés qui défilent, seul sur l’autoroute”, une jolie chanson à ajouter à la playlist Bruce Springsteen.

> Podcasts de l’émission sur France Inter

 

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