MusiquePortraits et Interviews

Interview de Mina Tindle au MaMa Events

MINA TINDLE

Cette jeune femme chante comme une caresse.

Paris, décembre 2014

Présente au MaMa Event 2014, je suis très heureuse de rencontrer Mina Tindle pour la sortie de son deuxième album : PARADES.

Sa fragilité m’attire depuis que je l’ai vu en 2012 au festival Soirs d’été. Je me dis que si elle chante et compose tous ces textes, c’est pour essayer de trouver sa voie ou aimer sa vie. Comment vit-elle sa notoriété ? Comment est-elle ? Joyeuse ? Heureuse ? Torturée ? Épanouie ?

Après avoir interviewé les Fills Monkey à quelques mètres du Trianon, j’arrive dans le point presse du MaMaMina est déjà en interview.

Après une bonne vingtaine de minutes, Mina Tindle m’accueille, rayonnante, blonde et pleine d’espoir, comme la belle histoire qu’elle est en train d’écrire…

L’interview commence.

INTERVIEW DE MINA TINDLE 2014

BIOGRAPHIE ET TARANTA

Taranta est le premier album de Mina Tindle. Depuis quelques années déjà, son nom circulait comme un courant d’air vif dans le monde des chanteuses pop-folk. Un patronyme cosmopolite (emprunté à Milo Tindle, personnage du film Le Limier de Joseph Mankiewicz, 1972) pour une chanteuse française (avec des racines en Espagne) qui a foudroyé tous ceux qui ont la chance de la voir sur scène, ou d’entendre ses chansons autoproduites. Mais après la sensation, l’ascension : ce premier album qui tient toutes les promesses, et plus encore. « Il y a tout dedans, c’est un bilan mais aussi une étape. »

Avant cette étape déjà victorieuse, il y en eut d’autres.

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« La vie est une grande comédie… » Mina Tindle 2014

Première étape 

Comme beaucoup de mélo(wo)manes de sa génération, Mina Tindle, qui s’appelait alors Pauline, a vu la lumière il y a une dizaine d’années dans les chansons de Cat Power. « Quand j’ai entendu sa reprise du Satisfaction des Stones, je suis tombée folle amoureuse de sa voix, à la fois bouleversante et accessible. Ma première chanson, c’était de la copie de Cat Power. J’ai découvert que chanter n’était pas si dur, et que c’était grisant. Avant cela, j’ai quand même eu un rapport particulier à la musique : mon grand-père et ma mère chantaient beaucoup. Je me souviens d’étés passés seule chez mes grands-parents en Espagne. Je jouais en chantant, ma voix me tenait compagnie. Mais j’ai mis du temps à prendre tout ça au sérieux. »

Deuxième étape

Quelques années après sa première chanson, la parisienne se pose à Brooklyn, pour un stage de fin d’études. Elle vit au dessus du Zebulon, un bar qui organise trois concerts par soir. « J’habitais au-dessus de la scène, je n’ai pas dormi pendant huit mois ». Elle s’est même éveillée : là-bas, elle confronte ses chansons bourgeonnantes aux racines américaines, rencontre des musiciens, fait ses premiers concerts, monte un groupe franco-américain via Myspace, The Limes. « Il y avait un bon environnement, ça devenait concret ». C’est le métier qui rentre. Et quand elle rentre en France, Pauline a décidé d’en faire un métier.

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Mina Tindle au Trianon, MaMa Events 2014

Troisième étape

« J’ai voulu faire un disque, mais avec une envie d’artisan, pour construire un objet plutôt que projeter une carrière ». Elle va donc prendre son temps. A Paris, elle retrouve sa bande du label Sauvage Records (qui publiera son premier 45 t), multiplie les collaborations, les expériences et les concerts (avec Beirut, Lee Ranaldo, Alela Diane…), affole les médias. Puis il y a la rencontre, via myspace encore, avec un de ses héros musicaux, dont elle chantait les chansons quand elle était petite : JP Nataf, ancien leader des Innocents et grand orfèvre de la pop en France. Mina Tindle lui écrit pour lui dire qu’elle se languit d’entendre son deuxième album. L’échange s’avère constructif, l’admiration réciproque. JP Nataf a le coup de cœur pour la voix de Mina : il va la faire chanter sur son propre deuxième album, et se retrouver réalisateur de son premier album. Une autre aventure au long cours : l’enregistrement de Taranta (au studio Garage à Paris) s’est déroulé sur plus de deux ans. « Je n’avais pas le disque en tête, on a cherché ensemble. J’ai énormément appris avec JP, il m’a donné confiance, c’est un perfectionniste rêveur. Il n’était pas pressé, on aurait pu passer cinq ans sur ce disque. Au moment de mixer le dernier titre, on s’est retrouvés à réenregistrer des batteries à minuit. Ce disque, c’est vraiment ma rencontre avec JP ».

MINA TINDLE EN JUILLET 2012 – SOIRS D’ÉTÉ

Elle, ce sont des chansons intimes, chantées du fond du cœur et d’une voix magnifique et magnétique, fine et sensuelle, à la fois profonde et retenue, qui semble se souvenir de nuits d’été pour survivre à l’hiver.

« Je chante pour me soigner de quelque chose », avoue-t-elle, pudique, et cette thérapie est contagieuse.

Lui, c’est une production comme un lever de soleil, des arrangements mouvants, comme des jeux de lumière qui se croisent, une profusion de détails à la fois légers et sophistiqués.

Elle et lui, c’est un premier album comme une échappée belle, un disque-voilier poussé par des vents chauds, qui file vers un horizon inconnu, à la recherche de moments de grâce voluptueuse. Dans ce disque de grands voyages intérieurs, on peut croiser quelques rêveuses de la pop contemporaine : Feist, Cat Power, Emily Loizeau, Emiliana Torrini, Regina Spektor, Kate BushMina Tindle n’est pas une chanteuse sous influences, mais plutôt de confluences.

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Nouvel Album Parades – Sortie le 6 octobre 2014 – Believe Recordings

PARADES

Olivier Marguerit, avec qui elle collabore à la scène depuis son premier EP, a été désigné co-réalisateur et co-pilote de cet album. «Là où JP, grand poète et mélodiste de la chanson française, est orfèvre perfectionniste, Olivier se fait sculpteur exalté dans le son comme la prise de risque. Tous deux ont la même bienveillance, le même respect de l’artiste et de son travail… Olivier a joué de presque tout sur Parades : ce disque, nous l’avons fait main dans la main.» Autour des guitares et des claviers de Mina, citons, au chapitre des présences qui font mouche, celle du Dirty Projectors Brian McOmber à la batterie, du compagnon de scène Guillaume Villadier, qui aura posé ses guitares sur plusieurs titres, et du mixeur de renom Craig Silvey (Portishead, The National, Arcade Fire…). Bryce Dessner, le guitariste de The National, réalise quant à lui les titres “Astrakhan” et “Taranta”, ce dernier en émanation fugace du passé : Mina Tindle brouille alors les pistes, et joue les filandières en réinterprétant ce morceau qui avait donné son nom au précédent album mais n’avait jusqu’ici vécu qu’à l’état de démo. Elle offre aussi ses habits de noblesse à “Plein Nord”, qu’on avait pu découvrir sur le 1er EP autoproduit, et qui méritait de devenir «une vraie chanson».

Kaléidoscopique, exotique, ésotérique, Parades parcourt la carte des acclimatations en même temps qu’il joue les chamanes : Mina Tindle y convoque mages et marabouts, ombres et lumières, rites incantatoires ou guérisseurs pour un résultat qui ne laisse jamais indifférent :

«Si cet album doit traduire un état d’esprit, explique-t-elle, c’est la volonté, la foi en l’action… Dans ce domaine-là, on ne peut pas faire les choses à moitié.»

> Site officiel de Mina Tindle

> Page facebook de Mina Tindle

> Twitter de Mina Tindle

> Believe Recordings 

> MaMa Event 

 

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