Théâtre

So sexy, le spleen : Georges Sand dans le Marais

« George Sand, ma vie, son oeuvre »  *****

PORTER LE PANTALON

Cette expression idiote que l’on entend encore. Idiote de par ce qu’elle signifie : dominer, prendre le dessus, être le patron, le maître de la famille. Le pantalon. En 2014 comme au temps de George Sand, il est pourtant une sorte d’étendard contre l’obscurantisme anti féministe auquel on assiste. Ô ne croyez pas que cet obscurantisme ne réalise son œuvre de sape qu’au fin fond de l’Afghanistan, enterrant les femmes sous une burqa comme le dit merveilleusement bien Caroline Loeb dans ce spectacle. L’histoire se révèle en effet bien plus tordue, revancharde et sournoise. Les mœurs ont évolué mais, sans verser dans les discours ultra catho qui valent bien d’autres intégrismes, les tirs de Coco Chanel libérant la femme du corset ou plus tard de ces militantes qui brulaient leur soutien-gorge ont, quelques décennies plus tard, totalement loupé la cible. Les inégalités demeurent, criantes parfois, et plus grave, la liberté conquise fut un piège pire encore. Un piège nommé canons de la mode, sexualisation outrancière des médias et de ce qu’on prétend être de l’art.

Quel rapport avec ce spectacle, me direz-vous ? Et bien tout. Le dialogue s’instaure entre deux femmes rebelles, dignes, fortes et fragiles qui luttent autant pour leur propre vie que contre les carcans sociétaux qui voudraient les étouffer.

QUAND ‘CAROLINE SEXY’ RIME AVEC ‘DOUCE MELANCOLIE’

Les deux parcours se font écho, s’appellent d’un bout à l’autre de l’Histoire et du spectacle. Caroline Loeb n’est jamais caricaturale. Bien au contraire, elle alterne avec une grande intelligence légèreté, profondeur et gravité pour croquer sa vie et celle de cette grande sœur qu’elle n’aura pas connue mais comprend si bien. Tout du texte aux mélodies -servis par une voix souple et envoutante-, des costumes aux gestes si mesurés, vous conquiert. Vous vous laissez couler dans un étourdissement mélancolique pour retrouver en vous, en Caroline, en George ces refuges secrets du passé où la vie était plus douce, les fantômes n’en étaient pas encore et où les claques, les chagrins, les vicissitudes de toute existence ne vous avaient pas encore abimés. Seul défaut de la pièce, la densité du texte qui n’a rien à envier à son intensité. La solution ? Y retourner très vite !

Auteurs : Caroline Loeb et Alex Lutz

Avec : Caroline Loeb accompagnée par Gérald Elliott et Pierre Cohen, habillée par Jean-Paul GaultierDu 11 septembre au 27 décembre – les jeudis, vendredis et samedi à 19h45

PITCH

Installée dans la maison de campagne de son enfance, Caroline écrit son journal; elle y consigne les difficultés de créer ce spectacle sur George Sand que lui a commandé son producteur. Pendant qu’elle se débat avec ses livres et ce personnage extraordinaire – à la fois écrivaine à succès, femme engagée, amoureuse, muse de la révolution de 1848, mère, passionnée de tout – la vie de Caroline continue. Sa mère, soudainement amoureuse à soixante dix ans passés, et sa fille en pleine rébellion adolescente l’accaparent, son producteur s’inquiète, et l’argent manque.
Avec énergie, émotion et son sens de l’humour ravageur, elle évoque dans ce spectacle, à la fois pédagogique et déluré, son amour pour la littérature, la création, la musique,…et la complexité d’être de nos jours une artiste à part entière et une femme.
Livrant une vision moderne et dépoussiérée de cette femme hors du commun, elle embarque le public dans l’aventure exceptionnelle qu’a été la vie tourbillonnante de cette jouisseuse pour qui l’art et le sexe étaient des étendards. Du Berry à Paris, George Sand fascine autant qu’elle effraie, ne respectant que ses propres lois, à l’égal des femmes libérées d’aujourd’hui.
Accompagnée par deux musiciens, Pierre Cohen au piano et à la guitare, et Gérald Elliott à l’accordéon – qui faisait déjà partie de l’aventure précédente – Caroline émaille  son propos de huit belles chansons originales créées pour le spectacle. Elle a, co-écrit les textes avec Thierry Illouz de six d’entre elles dont les musiques ont été composées par Wladimir Anselme, Michèle Bernard, Gérald Elliott, et Fred Parker (du Cirque des Mirages). Pascal Mary a quant à lui signé les paroles et musiques des deux autres.

THÉÂTRE DU MARAIS

37 rue Volta – 75003 Paris

T : 01 71 73 97 83

du 13 Septembre au 15 Novembre 2015, les Samedis et Dimanches à 17h

> Page facebook du Théâtre du Marais

> Site du Théâtre du Marais

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