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La poule aux oeufs d’or

LES EXPRESSIONS FRANÇAISES

C’est l’histoire de deux photographes publicitaires, le maitre  Paul GOIRAND* et l’élève Olivier BORST, devenus amis avec le temps et qui décident ensemble de faire un livre illustrant les expressions françaises.

Paul GOIRAND & Olivier BORST

Une aventure remplie de rire, de travail de perfectionnistes, et d’anecdotes.

La vie de ses deux compères férus d’images et riches en sensations visuelles se croise régulièrement et leur envie de créer ensemble se concrétise par ce bel ouvrage.

Excellent, drôle, étonnant, la langue française dévoile à travers 40 expressions françaises ses surprises et son histoire.
L’exposition a lieu au Mariott des Champs Elysées jusqu’au 9 septembre 2022.

Quelques jours après le vernissage, je rencontre Olivier BORST et son épouse Nathalie dans un café situé Quai Voltaire.

Dans une ambiance de café parisien très animé, avec un barman assez bruyant, Olivier va répondre à mes questions.

La poule aux oeufs d’or

INTERVIEW d’OLIVIER BORST

En combien de temps avez-vous réalisé cet ouvrage ? 

Le livre a pris à peu près six mois.

On avait chacun Paul et moi du travail publicitaire entre-temps donc nous n’étions pas dessus tous les jours de la semaine mais en gros on faisait un peu près 2, 3 images par semaine. 

As-tu une anecdote amusante lors de cette aventure ?

Oui, elle concerne la photo de la couverture : « la gueule enfarinée »

Paul m’en a envoyé pas mal sur mon visage et il le faisait graduellement donc c’était de plus en plus chargé. On s’est beaucoup amusé.

Pareil pour « les portugaises ensablées » avec le sable dans l’oreille donc beaucoup d’amusement car beaucoup de complicité avec Paul GOIRAND, car Paul étant la personne qui m’a initié et appris la photo il y a une quarantaine d’années !

Qui pose sur les photos ? Des amis ou des mannequins ? 

On s’est déjà servi l’un et l’autre de mannequins respectifs soit pour les cheveux, pour la tête, pour les mains, simplement pour le tronc, pour le corps et tous les gens qui ont participé à ce livre sont effectivement des amis pour « les fourmis dans les jambes »pour « couper l’herbe sous le pied », et « le type complètement timbré » c’est un de nos amis restaurateurs chez lequel nous allions très souvent.
Celui qui fait « tenir le taureau par les cornes » c’est un très bon ami peintre. 

Le type complètement timbré

On s’est servi des gens qui nous entouraient  et ça leur faisait assez plaisir de participer à ce livre.

Est-ce que vous avez un retour des étrangers amoureux de la langue française sur ces expressions ? Est-ce que ça leur parle ? Est-ce qu’ils comprennent ? 

Je pense qu’y a beaucoup d’expression effectivement qui sont typiquement françaises,  il y en a énormément déjà ! Je je me suis aider du dictionnaire des expressions donc on en a choisi énormément. Il y en a qui sont très compliquées à mettre en images et on n’en a choisi à peu près 200 et on n’en a réalisé 70. 

Concernant les expressions correspondantes dans d’autres langues je pense à l’espagnol ou à l’anglais, par exemple,  « il pleut des hallebardes » en anglais on va dire « It’s raining cats and dogs ». Ça aurait été amusant de faire des chats et des chiens qui tombent mais ça devient des productions un peu compliqué  🙂 

Sachant que 95 % des images qu’on a réalisées pour le livre n’ont pas de montage à part peut-être « sortir les vers du nez » – c’est ma femme qui s’y est collée –  On lui a évidemment monté le vers après. 

Nathalie et Olivier BORST

Mais il y a très peu de montage donc on ne voulait pas non plus une production trop couteuse et trop énorme. C’était toujours assez simple, on faisait vraiment un visuel par jour plutôt assez rapidement. 

C’est une belle histoire d’amitié surtout qu’aujourd’hui Paul GOIRAND n’est plus *…

Oui, celui qui m’a appris la photo et dont j’étais l’assistant pendant 4, 5 ans début des années 80 nous a quitté il n’y a pas longtemps. 

En fait j’ai eu l’idée de ce livre par le film la Grande Vadrouille de Gérard Oury quand les deux généraux allemands se retrouvent à la ligne de démarcation et que la patronne leur dit  : « vous allez bien dormir parce qu’elle était très à cheval sur la literie » et la réaction des généraux allemands était totalement interdite et voyant leur réaction elle leur dit : messieurs vous dormirez bien ! Et c’est parti de là en fait. 

Être à cheval sur la literie

J’avais cette idée en tête depuis quelques années et quand on a fait ce livre avec Paul, on avait un petit peu moins de boulot,  en tout cas pas tous les jours, ce qui nous a laissé beaucoup de temps pour le réaliser et j’avais envie de le faire avec lui parce qu’on avait l’habitude de travailler ensemble et qu’on était sur la même longueur d’onde.

C’était très simple et facile pour nous deux.

Aujourd’hui il y a une exposition au Mariott Champs Elysées. Est-ce la première exposition parisienne ? 

Non, ce n’est pas la première exposition parisienne. 

Ces images datent il y a environ quatre ans et j’ai fait une exposition dans les escaliers de mon immeuble, quai Voltaire, dans le septième arrondissement avec la permission les autres copropriétaires qui était chacun assez féru d’art, de choses comme ça, assez ouverts,  et puis j’ai également un de mes amis galeristes qui s’appelle Renos Xippas, qui m’avait prêté sa galerie deux soirs dans le Marais pour pouvoir faire des signatures de ce livre avec tous mes amis. 

Quelles sont tes autres expositions personnelles ? 

J’ai exercé pendant 35 40 ans et j’ai pratiquement arrêté pour me concentrer plutôt sur des expos personnelles. 

J’ai l’habitude pour mes nouveaux projets de travailler avec ma femme Nathalie qui me donne souvent très bonnes idées sur lequel je suis toujours un peu dubitatif puis reconnaissant en lui disant que l’idée était très bonne.  

Nous avons fait une collection de photos de Barbie sur la femme entravée, les conditions de la femme dans le monde ensuite on a fait toute une série de disques vinyles de notre époque c’est-à-dire de l’Europe qu’à partir des années 70 jusqu’à la moitié des années 80, photos du vinyle agrandi  avec lesquelles on a fait plusieurs expos également qui ont plutôt très bien marché. Ensuite toute une série sur plein d’écorce d’arbre différent,  sur des bonbons en gros plan qui pouvaient ressembler à des tableaux un peu abstraits, ensuite des eucalyptus détourés et  retournés qui ressemblent plutôt à des corps nus. 

Les idées de photos perso évidemment et les expositions ne viennent pas si facilement que ça, une fois qu’on l’a, il faut la faire, la produire,  trouver une galerie qui apprécie notre travail, trouver son public.

La démarche est beaucoup plus lente et plus amusante aussi évidemment. Moins certaine que les photos publicitaires qui sont des commandes. C’est un travail passionnant et rigoureux . Il faut essayer de se démarquer pour trouver des domaines dans lesquels c’est encore vierge. 

C’est compliqué parce que Nathalie et moi sommes aussi collectionneurs de photos aussi bien contemporaines qu’anciennes et donc cette connaissance de la photographie en général évidemment restreints souvent le le champ d’attaque parce qu’on se dit toujours que le sujet que nous voulions faire a déjà été fait,  déjà été étudié et donc il ne faut pas que ça soit une barrière justement à faire soi-même ses propres images.

Propos recueillis par Dominique Planche

Exposition “Les Expressions Françaises” par les photographes Olivier BORSTet Paul GOIRAND jusqu’au 9 septembre 2022 au Paris Marriott Champs Elysees.

Pour acheter le livre c’est ici

  • Paul GOIRAND est décédé durant le confinement le 11 Février 2021

Alix GOIRAND (fille de Paul GOIRAND), Olivier GORST, Clémence GORST (fille d’Olivier et Parisienneries.fr)

Site d’Olivier BORST

Site de Paul GOIRAND

Parisienneries.fr – Clémence GORST

 

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