5 heures de théâtre sublime et radical Premier volet d’une trilogie des funérailles proposée par l’époustouflante espagnole, cet opus débute par un « Ne me quitte pas » qui roule des « r » et croque le micro.
Liddell en fait la partie visible de l’iceberg : la plainte, la souffrance d’être quitté-e par un grand amour ne peut pour elle se parer de mélodie, il faut les vomir comme un poison.
Liddell en fait la partie visible de l’iceberg : la plainte, la souffrance d’être quitté-e par un grand amour ne peut pour elle se parer de mélodie, il faut les vomir comme un poison.
Haine, morts terribles et nudités immaculées, ça commence vraiment fort (d’ailleurs le spectacle est interdit aux moins de 16 ans), mais réduire Liddell à une simple provocatrice serait se priver de sa complexité, de son honnêteté et de ce qu’elle offre au public en termes de rédemption.
Rupture amoureuse
L’amour trahi, c’est une mort en soi, Liddell en crache la douleur avec un débit fou qui semble ne jamais s’essouffler.
C’est ainsi qu’elle nous entraine dans une plainte, une déception, une souffrance que, oui, nous avons parfois connues vivement et dont nous ne sommes pas toujours guéri-es.
Pourquoi nier que le désir de vengeance n’est pas étranger aux espoirs amoureux trahis ?
Liddell ne le nie pas, au contraire, elle l’explore. Et nous avec elle. Liddell dit ce qui, habituellement, ne se dit pas, mais que l’on ressent si cruellement quand on est abandonné-es par l’amour.
Voilà le premier tableau d’un total de cinq avec 4 entractes qui iront jusqu’à la mort et la résurrection.
C’est ainsi qu’elle nous entraine dans une plainte, une déception, une souffrance que, oui, nous avons parfois connues vivement et dont nous ne sommes pas toujours guéri-es.
Pourquoi nier que le désir de vengeance n’est pas étranger aux espoirs amoureux trahis ?
Liddell ne le nie pas, au contraire, elle l’explore. Et nous avec elle. Liddell dit ce qui, habituellement, ne se dit pas, mais que l’on ressent si cruellement quand on est abandonné-es par l’amour.
Voilà le premier tableau d’un total de cinq avec 4 entractes qui iront jusqu’à la mort et la résurrection.
Une esthétique sublimée
Toujours, chez Liddell, la mort côtoie la plus pure beauté des jeunes corps, la vie dans ce qu’elle a de plus essentiel et primaire. Une série de tableaux vivants où la blancheur de centaines de fleurs s’harmonisent avec la pureté de la jeunesse, puis contraste avec le rouge sang des évocations explicites de la mort, et le noir de certains cauchemars. Le tout sur des airs d’orgue de cathédrale. Bach. Car Liddell aime le grandiose, chez elle, il n’est pas vain, il a un sens, il sert sa radicalité : la beauté est utilisée par Liddell pour dissoudre le Mal. Pourtant le théâtre de Liddell n’est pas qu’un manifeste esthétique : il est agissant, il nous transcende.
Une réparation pour toustes
Que va-t-on chercher en allant au théâtre ? Mille choses, sans doute. Et, ici, particulièrement, une rédemption, une renaissance qui ne pouvait pas mieux s’exprimer qu’en cette période Pascale. Et que l’évocation de l’autrice Karen Blixen explicite encore davantage, elle qui a pactisé avec le Diable pour avoir le don d’écriture et donc, de transmutation. Qui conférait aux mots un pouvoir magique.
Un triomphe
L’allégorie poétique de Liddell navigue entre rage et rituels païens, elle nettoie des débordements qui nous rongent, qu’on les exprime ou non, qu’on en fasse l’aveu ou pas. Elle expose nos existences, leur côté pile, leur côté face. Et les ténèbres auxquelles nous ne pouvons opposer que la foi, l’espoir et l’amour.
Car « si je n’ai pas l’amour, je n’ai rien », conclut Angelica Liddell. Triomphe. Le public est debout.
By Anne Vassivière
Au Théâtre de l’Odéon jusqu’au 12 avril.
Environ 5 heures (avec 4 entractes)
Interdit au moins de 16 ans
Certaines scènes peuvent heurter les sensibiltiés

