La Parizienne

Niquer la fatalité – Être femme : grâce ou fatalité aux Bouffes du Nord

Un des spectacles les plus forts du moment

Estelle Meyer nous livre un seule-en-scène à la fois intime et universel : sa construction de la petite fille qu’elle était à la femme qu’elle est aujourd’hui, le tout abreuvé de chansons, de poèmes et d’un dialogue riche, drôle et documenté avec
Gisèle Halimi, son modèle de liberté.
D’extraits de textes fondateurs de cette dernière. Deux histoires tissées ensemble. Et bien sûr, à travers les découvertes
merveilleuses ou terribles que fait la jeune femme, la question de comment échapper à la prédestination de la condition féminine.
C’est le parcours que nous faisons avec elle, en toute sincérité. Et en riant aussi beaucoup.

Un lieu particulier

Le spectacle d’Estelle a trouvé aux Bouffes du Nord le lieu parfait où célébrer femme et mémoire : ce théâtre tout en rondeurs porte les traces du temps, ne les cache pas, les met en valeur, et la scène n’est pas en surplomb mais à hauteur du public. Nous voilà toustes lové-es dans la même matrice pour un voyage en soi-même et parmi « le peuple des femmes » passées, présentes et futures. Toustes des petits crânes sortis d’un sexe de femme. Quel beau programme !

Un spectacle de chair, un beau fruit à croquer

Ce spectacle est inclassable : ne prône-t-il pas la libération des injonctions ? Estelle Meyer donne et reçoit, le flux entre son public et elle ne cesse de vibrer pendant ce fabuleux seule-en-scène.
Car ce spectacle engage tous les corps présents, les idées n’y sont ni galvaudées ni théoriques, mais incarnées dans les chairs sur scène et dans la salle. Dans le commun de la condition humaine et féminine. Le spectacle commence d’ailleurs par une mise en contact des personnes du public entre elles.
Une façon de sentir le commun.
Pendant cette 1h45 de spectacle complet, Estelle s’adresse souvent directement à nous.

Un baume au cœur et au corps

Estelle Meyer chante, danse, clame et déclame, crie toutes les vérités, elle sait aussi aider à réparer. Munie d’un tambour chamanique, elle propose un véritable rituel en conclusion de son spectacle, un soin dont le public repart avec les bénéfices doux et concrets.

Estelle, la femme qui « embrasse la liberté avec des lèvres rouges », est une passeuse, un trait d’union qui fait du bien. Elle porte haut le flambeau. Elle est la « fécondité du monde ».

Pas de bande son dans ce spectacle : Grégoire Letouvet au piano et Pierre Demange à la batterie sont là et bien là, et le choix de vrais instruments donne encore plus de corps au spectacle. L’écho de Gisèle Halimi, qui pulse dans le ventre
d’Estelle, continue à résonner grâce aux musiciens qui le prolongent avec force. Les percussions en particulier, utilisées par Pierre demande comme une voix qui interroge : « Est-ce une grâce ou une fatalité, d’être femme ? » La réponse est dans le titre du spectacle, le grec Nike signifie la victoire.


« Un jour, il n’y aura plus de viols »
« Le deuxième sexe engendre le premier. Le deuxième sexe engendre le monde entier. »

Hommes et femmes doivent aller voir ce spectacle, nous avons besoin de redevenir les deux belles moitiés de l’humanité !

Mise en scène de Margaux Eskenazi

By Anne Vassivière

Niquer la Fatalité aux Bouffes du Nord jusqu’au 11 Avril
Du mardi au samedi à 20h
Matinée le dimanche à 16h
Réservation 

Conception, texte, jeu et chant : Estelle Meyer
Composition musicale : Estelle Meyer, Grégoire Letouvet et Pierre Demange
Arrangements musicaux : Grégoire Letouvet et Pierre Demange
Dramaturgie et collaboration artistique : Margaux Eskenazi
Piano :  James Brandilly
Clavier : Grégoire Letouvet en alternance avec Thibault Gomez
Batterie, percussions  : Pierre Demange en alternance avec Maxime Mary
Régie son et direction technique : Thibault Lescureen alternance avec Guillaume Duguet
Création et régie lumière : Pauline Guyonnet et régie en alternance avec Fanny Jarlot
Création costumes : Colombe Lauriot-Prévost
Chorégraphe : Sonia Al Khadir
Collaboration, accompagnement et développement : Carole Chichin
Diffusion :  Séverine André-Liebaut

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