Daguerre, l’artisan poète de la chanson-rock
Auteur-compositeur à la plume sensible et incisive, Olivier Daguerre trace depuis plus de 20 ans un sillon singulier dans la chanson française, entre poésie brute et énergie rock.
Installé au Pays Basque, il s’est forgé une réputation de musicien de scène, avec des centaines de concerts et des collaborations remarquées, notam
Le 20 mars 2026, Daguerre dévoile son 10ᵉ album Corps Voyou, réalisé par Esthen Dehut et coécrit avec la parolière Louise Quillet. Un disque intense et habité, où guitares électriques, cuivres et cordes accompagnent des textes qui explorent nos failles, nos contradictions et nos élans de liberté.
Premier extrait, Dandy Bandit, donne le ton : une atmosphère western-country pour incarner les marginaux, les écorchés, les libres.
Artisan d’une musique qui se ressent autant qu’elle s’écoute, Daguerre propose une œuvre organique, à fleur de peau, entre tension et tendresse.
Nouvel album Corps Voyou
Sortie le 20 mars 2026 chez Baboo Music / Kuroneko
Mardi 24 Mars 2026, 10h50, Place de la République.
Le soleil s’invite enfin à Paris, comme pour adoucir le béton et réveiller les visages encore un peu froissés du matin.
Rendez-vous Chez Coco. Terrasse ou intérieur ? On hésite à peine. Ce sera dedans : lumière douce, murs en briques rouges — un décor presque trop parfait pour un artiste qui parle de failles et de liberté.
Il est déjà là.
Silhouette tranquille, regard posé, et cette gueule de rockeur qui n’en fait jamais trop. Pas de mise en scène, pas d’attitude fabriquée. Juste une présence.
On s’installe.
Un café, quelques secondes pour apprivoiser le moment… et très vite, les mots arrivent.
C’est parti.
INTERVIEW
Daguerre : “Être voyou, c’est garder la tête haute”
D : Je m’appelle Daguerre. Je suis auteur, compositeur, interprète… depuis plus de 30 ans, et depuis 20 ans sous ce nom-là. Et je viens de sortir mon 10ᵉ album.
LP : Corps voyou, justement. Être “voyou” aujourd’hui, c’est quoi ? Une posture, une résistance, ou une manière de rester libre dans un monde trop cadré ?
D : C’est un mot très affectif pour moi. Aujourd’hui, être “voyou”, c’est surtout avoir le droit d’être qui on est. Dans un monde où tout se compare, où tout défile, on finit par ne plus savoir où on en est.
Un “corps voyou”, c’est celui qu’on n’a pas choisi, mais qu’on décide d’assumer.
C’est garder la tête haute, faire des choix, se tromper aussi… mais continuer d’avancer. Et finalement, ça nous rend plus libres… et peut-être meilleurs avec les autres.
LP : Je t’ai donné rendez-vous Place de la République… haut lieu des manifs. C’était volontaire ou totalement inconscient ?
LP : Dans tes textes, il y a toujours cette tension entre fuir et rester. Toi, tu es du genre à partir ou à t’accrocher ?
D: Je crois que je suis surtout du genre à hésiter (rires).
Mais peu importe la décision, il faut du courage pour choisir. Et parfois, on se trompe… mais on a le droit d’essayer. La vie, c’est aussi accepter ses contradictions.
LP: Dandy Bandit, c’est un marginal romantique… ou un autoportrait déguisé ?
D : Il y a forcément un peu de moi. Dandy Bandit parle du parcours, des doutes, de l’errance…
Mais aussi du fait de ne pas devenir aigri malgré tout ça. Et ça, j’y tiens. C’est un métier de solitude et de rencontres à la fois. L’idée, c’est de rester debout… sans perdre l’envie.
LP : Tu travailles à nouveau avec Louise Quillet. Elle va chercher quoi chez toi que tu n’irais pas voir seul ?
D : Louise Quillet met des mots sur mes émotions. Et surtout, sans filtre inutile.
On discute, et très vite elle capte. C’est assez rare, cette sensation de comprendre quelqu’un sans trop parler. Et pour moi, ça a été une libération, parce que l’écriture peut être laborieuse… alors que là, tout devenait fluide.
La PariZienne : 20 ans de scène… toujours le trac ou maintenant c’est devenu ton refuge ?
D : Les deux. Il y a toujours cette excitation.
Voir naître une chanson, c’est magique. Et la scène… c’est une intensité à laquelle on devient un peu accro. Même fatigué, il se passe toujours quelque chose.
LP : Si Corps voyou était un lieu — pas une salle — ce serait quoi ?
D : Un bar de nuit. Une chambre d’hôtel. Une route déserte.
Les trois. C’est exactement ça… une forme d’errance.
LP : Une Vespa, une nuit à Paris, carte blanche. Tu pars avec qui ? Tu vas où ? Et tu écoutes quoi ?
D : Je pars seul.
Je roule toute la nuit. Paris by night, sans m’arrêter.
Et la musique… une playlist que j’aurais construite exprès. Très éclectique. Je calibrerais même la durée pour qu’elle épouse la nuit.
Et peut-être que je m’arrêterais parfois… pour une rencontre. Parce que c’est ça aussi, ce métier : une addiction aux gens.
Le test (presque) psy de Nadine
LP : Attention, test très sérieux… ou pas. Donne-moi trois animaux.
Daguerre :
Un oiseau.
Un chat.
Et… un éléphant.
LP : Bon. Je t’explique — et là, ça devient dangereux.
Le premier, c’est comment tu te vois. Donc toi, dans ta tête, tu es… un oiseau. Libre, en hauteur, un peu poète, un peu insaisissable. On est bien.
Le deuxième, c’est comment les autres te voient. Donc… un chat. Indépendant, mystérieux, parfois là, parfois pas. Globalement : “il fait sa vie, on ne va pas trop le déranger”.
Et le troisième… c’est ce que tu es vraiment. Donc là, accroche-toi : un éléphant.
D : (rires) Ah oui quand même…
LP : Oui monsieur. Mémoire, puissance tranquille, attachement au clan… et mine de rien, ça impose le respect.
En résumé : tu te rêves en oiseau, les gens te regardent comme un chat… et en vrai, tu es un éléphant.
D: Franchement… ça me va bien comme diagnostic (rires).
LP : Un dernier mot pour les Parisiennes ?
D : Continuez.
Gardez la tête haute, soyez libres…
Un peu sorcières aussi. Celles que je connais le sont déjà.
By Dominique Planche
Il sera en concert le 6 octobre 2026 au Café de la Danse à Paris,
dans le cadre d’une tournée célébrant ses 20 ans de carrière.
