La Parizienne

Bovary Madame : quand Emma se rebelle au Théâtre de la ville

Christophe Honoré met en scène une Madame Bovary sensuelle : Ludivine Sagnier

Depuis des années, Christophe Honoré passe du cinéma au théâtre avec un appétit pour la création qui se retrouve parfaitement dans cette proposition d’après Flaubert. Le « d’après » a son importance, il faut aller voir ce spectacle en acceptant que le texte original n’y soit pas le seul maitre à bord. Si les puristes ne s’y retrouveront sans doute pas, force est de constater que l’essence d’Emma Bovary est bien sur le plateau, incarnée par une Ludivine Sagnier sensuelle et perdue.
Une miette au milieu de l’hypocrisie masculine, une brindille qui rêve plus grand que les logiques de bas étage qui l’entourent. Une femme en perpétuel décalage, à qui le metteur en scène propose de rejouer sa vie dans un décor…particulier.

Une mise en scène originale

Le public découvre une scène avec gradins circulaires et rond de sable au milieu : un cirque et sa piste. Au centre, Emma, debout sur un dispositif tournant, comme les danseuses de notre enfance, figées dans les boîtes musicales qu’on ouvrait et refermait à notre guise. Une femme passive, belle et vaine. Qui tourne en rond entre espoir et désillusion pour notre plaisir. Une femme qui s’ennuie dans sa boîte dorée. Tout est dit là, ou presque, car Christophe Honoré donnera au personnage la possibilité de descendre du terrible manège…

De l’outrance, du grand Guignol pour déconstruire le mythe Bovarien

Le ton est celui donné par une Madame Loyale haute en couleur, avec fort bagou et tempérament de feu. L’actrice et performeuse Marlène Saldana (particulièrement remarquée dans Les Idoles et Le ciel de Nantes du même Christophe Honoré) y excelle, libre et flamboyante : le contraire d’Emma Bovary. Saldana donne au spectacle toute sa dimension de fête foraine, elle est vivante dans le monde moribond des Bovary. Qu’on aime ou pas cette proposition, elle est ici le phénomène pop qui bouscule le mythe.

Christophe Honoré ouvre la cage d’Emma Bovary

Le régal de la fin, c’est quand Madame Bovary se rebelle et devient tout à coup une femme d’aujourd’hui. Qu’elle s’émancipe et refuse son sort : elle ne payera pas le prix fort, elle se lève et elle se casse. Sans aucun doute le moment le plus fort du spectacle.
Celui où Emma échappe au déterminisme de l’histoire des femmes de son époque. Un moment jubilatoire !
By Anne Vassivière

Distribution principale

BOVARY MADAME

  • Lieu : Théâtre de la Ville
  • Dates : jusqu’au 16 avril
  • Durée : environ 1h30 (à confirmer selon séance)
  • Public : à partir de 15 ans
  • Tarifs : généralement entre 10€ et 35€ selon catégories
  • Accès : métro Châtelet

Réservation conseillée via le site officiel du Théâtre de la Ville

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