MusiquePortraits et Interviews

Bill Deraime : du vrai blues comme on l’aime !

Interview de Bill Deraime, chez lui le 4 Avril 2013

En 2008, il sort un album : « Bill Deraime bouge encore » ; après cette interview que voici, que voilou, je vous le dit : Bill Deraime bouge toujours ! En fait il ne bouge pas vraiment, il vibre, il chante, « il braille ».

Comme une éponge, il ressent et capte toutes les souffrances du monde, la misère, la pauvreté, l’injustice, l’absurde.

Ça le bouleverse et nourri sa colère. Sa guitare et ses mots se font art de ces maux. Son 18ème album : « Après-demain » n’a rien perdu de sa rage de dire.

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Pourtant, il y a une grande sérénité qui se dégage de ce grand bonhomme, à la célèbre barbe, à la longue carrière de Jazz/blues mâtiné de rock/reggae. Sa voix douce et apaisée contraste avec la voix rayée du vieux bluesman toujours alerte et bien dans sa musique.
Bill et Flo vivent comme des bénédictins modernes, à l’écart des futilités médiatiques ou mondaines.
Loin de l’oisiveté, entre le travail de sa musique et ses méditations, ils écrivent la légende de Bill, ce monument de la chanson française, qui n’a pas fini de nous réchauffer de sa musique mystique.

http://www.BillDeraime.com

Biographie musicale
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Né en 1947 à Senlis dans l’Oise Bill Deraime est trop pris par la musique américaine pour s’intéresser sérieusement à ses études de médecine puis de kiné.
Il débarque donc à Paris en 1968 et fonde le groupe Wandering qui participe aux hootenanies mythiques du centre américain : scènes ouvertes où chacun peut interpréter deux ou trois titres. Bill chante en anglais des morceaux de Big Bill Bronzy ou Pete Seeger et du Reverend Gary Davis. Il joue dans les MJC les festivals, et sur les routes parcourues en stop ou en traction Citroen, de Paris à Stockholm.
En 1969 avec une bande de musiciens il crée le TMS Folk Center à St Germain des prés, qui propose un concert chaque jeudi soir et une « free clinic » toute la journée.
C’est le temps glorieux et joyeux des hippies, des routards, des communautés et aussi la grande époque des festivals comme Malataverne. Bill va vivre totalement cette aventure.

Avec des amis il fonde le Backdoor Jug Band où, en plus des morceaux joués ensemble, le groupe enregistre un album où chacun peut s’exprimer. En 1973 il part à la campagne pour participer à un centre de post cure thérapeutique : forte et dure expérience, très marquante, avec des braqueurs, des toxicos, un autre type de vie communautaire ! Il restera en contact avec certains rencontrés à cette époque. Mais Bill va reprendre la route en 1975 avec Bill et Flo Blues Tandem et puis un groupe électrique Cargo : de nouveau des concerts, des chansons encore écrites en anglais – mais plus pour longtemps.

Car en 1979 changement de décor, Bill depuis un moment écrit et chante en français et il enregistre son premier album en solo, très bien accueilli. Il s’installe à la Cour des Miracles, à Paris, où il reste deux mois .c’est le moment de sa rencontre avec Mauro Serri qui restera son guitariste à part une petite éclipse.
L’album suivant est salué par les médias et le public, c’est « Plus la peine de frimer » !
Fidèle à ses désirs de s’ouvrir sur le monde, il part passer un peu de temps en Amérique Centrale, dans un camp de réfugiés, avec un ami de toujours qui est Médecin du monde à l‘époque.

Le succès vient avec le troisième album « Qu’est ce que tu vas faire ? » où on trouve « Babylone tu déconnes ! ».

S’ouvre alors une période de concerts intense (jusqu’à plus de 120 par an ! !), et un enchaînement d’albums qui finalement le conduit à une année sabbatique bien méritée !

Au retour de l’année sabbatique il recommence à faire ce qu’il fait le mieux : chanter et écrire des chansons.
De nouveau, concerts, albums, et la rencontre avec Steve Cropper qui l’autorise (et lui seul) à adapter en français « Sitting on the dock of the bay » la chanson célébrissime qu’il a composé avec Otis Redding !
Autre aventure, un album réalisé en partie en Louisiane à New Orleans avec Cyril Neville.
On ne compte plus les concerts en province, ni à Paris (le Casino, l’Olympia, la Cigale ou le Bataclan plusieurs fois à de nombreuses reprises !)
Et on arrive à treize albums…
Désormais, Bill qui a beaucoup travaillé ce qui au départ n’était qu’un don, maîtrise sa voix et son écriture : leurs couleurs en sont éminemment personnelles.

Discographie

Concert exceptionnel le 12 juin 2013 au Alhambra-Paris avec invités – Sanseverino, Fred Chapellier.
http://www.alhambra-paris.com/

 

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